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L’Étrange Festival : 30 ans de cinéma déjanté

3 septembre 202513 min read

L’Étrange Festival revient pour sa 31ᵉ édition et promet de secouer à nouveau les écrans ! Trois décennies d’audace, de découvertes déjantées et de visions singulières condensées dans un tout nouvel ouvrage anniversaire, 30 ans d’Étrange Festival. Cette année, entre hommages cultes, raretés inclassables et surprises frondeuses, le rendez-vous parisien du cinéma décalé qui ne rentre dans aucune case s’annonce plus déchaîné que jamais.

Le menu de ce trente-et-unième festin devrait vous combler dans les grandes largeurs.

Du retour dans les murs du forum des images de l’immense Barbara Steele, définitive déesse de l’horreur pour une soirée précieuse en son honneur ; à Stephen Sayadian, le pape du Porn-Pop qui nous revient pour une parfaite Carte Blanche à l’occasion de la ressortie d’une paire de ses chefs d’œuvre ; en passant par la reconnaissance définitive d’Adilkhan Yerzhanov, le (prolifique !) chef de file des cinéastes kazakhs, qui nous offre pas moins de trois films cette année, accompagnés d’une tonitruante Carte Blanche : décidément, cette édition se révèle être une débordante corne d’abondance. Le cinéma d’horreur prit ses racines en France dès le début du siècle dernier. David Gregory et Serge Bromberg, deux des meilleurs archéologues mondiaux du cinéma premier, nous élaborent un éblouissant programme autour du célèbre Grand Guignol.

« Le médium, c’est le message » scandait il y a soixante et un ans le Canadien Marshall McLuhan. Créateur de l’épatant site web de La Spirale, Laurent Courau l’a bien compris et offre depuis trente ans tout ce qui se fait de plus passionnant et de créatif à travers la planète des arts « divergents ». Un anniversaire en forme de Carte Blanche s’imposait afin d’attester du bien fondé de sa mission.

Mission, il en est fortement question avec la redécouverte ô combien nécessaire de l’œuvre du précieux et turbulent Robert Lapoujade via la restauration récente et tant attendue de ses films, mais L’Étrange consolide également sa passionnante collaboration avec le service des archives de l’INA afin de vous faire découvrir sur grand écran INA Fantastica, ou les trésors cachés de signatures prestigieuses, réalisés sous le sceau du bizarre.

N’oublions pas les habituelles compétitions internationales, avant premières, concerts exaltants, découvertes et autres pépites incontournables afin de vous donner davantage de ce tournis programmatique que vous pouvez exiger de L’Étrange chaque année.

Affiche de la 31e édition
Affiche de la 31e édition
Lady Yakuza
Barbara Steele
Le livre de l'étrange Festival qui célèbre ses 30 ans

Désormais, l’essence même de ce festival est palpable dans un livre richement documenté et illustré :L’Étrange Festival : 30 ans d’Étrange Festival. Ce livre, préfacé par le mythique réalisateur Alejandro Jodorowsky incarne l’esprit d’un festival hors normes, consacré à l’exploration des marges du cinéma mondial. Avec près de 300 pages, cet ouvrage est un véritable trésor pour tout amateur de cinéma alternatif. Il retrace avec une précision et une passion palpable les moments forts des trois décennies d’existence de L’Étrange Festival. Et en images !

Ce recueil ne se contente pas de compiler des souvenirs : il invite à une véritable immersion dans l’univers du festival. Des témoignages exclusifs de réalisateurs iconiques aux archives visuelles inédites, chaque page respire la curiosité et l’audace qui ont façonné cet événement unique. Un livre richement illustré avec textes inédits, croquis, photos et archives, proposant aussi des graphismes surprenants et une mise en forme visuelle soignée. Il s’impose déjà comme une pièce de collection, autant pour les fidèles de la première heure que pour les nouveaux venus désireux de comprendre pourquoi, depuis trois décennies, L’Étrange Festival reste le sanctuaire du cinéma atypique et visionnaire.

Dans son édito d’introduction, Frédéric Temps, fondateur et chef d’orchestre du festival, nous en ouvre les coulisses. Il revient sur ce projet un peu fou démarré en 1993 ! L’idée ? Donner de la place à des œuvres boudées par les grands écrans, souvent dérangeantes, mais toujours singulières, qui ne trouvent pas leur place dans les circuits mainstream. Cet événement a exercé une profonde influence cinéphile en France et à l’international.

Pour éclairer davantage cette odyssée cinéphile, David Gregory et Serge Bromberg : proposent un programme autour du célèbre Grand Guignol, explorant les racines du cinéma d’horreur en France, devenu un repère pour les aficionados de l’étrange et les curieux. 

D’abord né d’une carence des cinémas de quartier dans les années 1990, l’Etrange Festival né en 1993 dans le IXème arrondissement de Paris. L’année d’après, il déménage au Grand Action dans le 5ème arrondissement puis à la vidéothèque de Paris où il demeure jusqu’alors. Avec Sévéon, c’est tout le potentiel subversif du festival qui prend vie, questionnant les normes et révélant des œuvres aussi troublantes qu’inédites. 

Le bouquin est aussi un saut dans le temps : chaque édition y est décrit avec minutie permettant de revivre les grands moments de chaque édition qui ont forgé sa réputation.

 

Dès 1998, le festival se focalise su une rétrospective consacrée à Peter Watkins, maître du docu-fiction britannique. Frappé par la césure lors de la diffusion de son film La Bombe, l’Etrange lui offre une place en tant que réalisateur. Le réalisateur japonais, Koji Wakamatsu, qui après avoir vécu la prison et rejoint un clan de Yakuzas trouvera lui aussi la sienne. 

En 2015, le festival se distingue avec un marathon du cinéma turc. Nommés “les Turqueries” ou encore les “Nanards”. Cette rétrospective a nécessité des années de recherches pour retrouver des copies de films, en grande partie détruites pour en extraire le nitrate d’argent. Parmi ces pépites, Dünyayı Kurtaran Adam (L’Homme qui sauva le monde), surnommé le « Star Wars turc », devenu culte en 1982 pour ses effets spéciaux bruts de décoffrage.

Cette section du livre, ultra-détaillée, offre non seulement un récap’ des films projetés, mais aussi des témoignages de cinéastes comme Bertrand Mandico, qui rend hommage aux frères Quay, ou encore Jacques Audiard, qui partage un texte émouvant et drôle sur Jean-Louis Trintignant. On retrouve aussi Albert Dupontel, évoquant avec tendresse Jackie Berroyer, et Romain Slocombe, qui raconte son interview avec Teruo Ishii, maître du cinéma d’exploitation japonais. Ce côté collectif et collaboratif du livre reflète bien l’esprit du festival : un lieu de liberté et de partage pour célébrer un cinéma sans frontières, qu’elles soient géographiques ou esthétiques.

 

En plus de tout ça, le livre est un bel objet visuel : les illustrations, choisies avec soin, rappellent la singularité de cet événement où chaque projection est pensée comme une expérience à part entière, où l’art cinématographique transcende les écrans pour inviter à la rêverie et à la réflexion.

L’ouvrage propose aussi une section en anglais, ce qui en fait une ressource précieuse pour les lecteurs internationaux, témoignant du rayonnement croissant du festival alternatif au-delà des frontières françaises. 

En somme, L’Étrange Festival : 30 ans d’Étrange Festival est bien plus qu’un simple livre d’anniversaire. C’est une véritable célébration de l’audace, de la créativité et de la passion qui ont forgé l’identité de cet événement hors du commun. Accessible à tous, il constitue une référence indispensable pour quiconque s’intéresse de près ou de loin au cinéma de genre. 

 


Ce livre capture l’esprit d’un festival qui continue d’inspirer, de choquer et d’émerveiller, tout en ouvrant la voie à de nouvelles formes d’expression cinématographique. Cet ouvrage est une mine d’informations introuvables et un hymne vibrant au cinéma audacieux et sans concession.

Forum des images
2, rue du cinéma – Forum des Halles
75001 Paris
Du 2 au 13 septembre 2025
Billetterie : en ligne : www.forumdesimages.fr 
 Événements notables
  • Carte blanche à Stephen Sayadian : projection de ses chefs-d’œuvre.
  • Carte blanche à Adilkhan Yerzhanov : présentation de trois de ses films.
  • Soirée hommage à Barbara Steele : célébration de la déesse de l’horreur.
  • INA Fantastica 3 : découverte des archives du bizarre.
  • Grand Guignol : ciné-concert autour du célèbre théâtre parisien.
  • L’Étrange Musique : performances musicales immersives

Ce livre va bien au-delà des anecdotes ou critiques classiques : c’est aussi un vibrant hommage à l’impact culturel de cet événement. Il montre comment, année après année, le festival transforme la perception du cinéma de genre en France. En ouvrant l’accès à un cinéma différent, sans compromis, il attire un public aussi éclectique que fidèle, des néophytes curieux aux amateurs éclairés. On retrouve aussi cette mission de démocratisation, avec en 2012 l’introduction du Prix du Public, qui booste la visibilité des films primés, souvent jusqu’à leur sortie en salles. 

« I’ve been fascinated by The Grand Guignol since childhood… It all led me to dig deeper and discover the truth behind the pat adjective that ‘Grand Guignol-esque’ had become. The French approach to l’épouvante and fantastique (…) has always had its own distinctive influence which now deserves new focus. »
— David Gregory

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