Depuis la nuit des temps, on utilise les psychédéliques dans un but thérapeutique. En effet, leur capacité à déclencher des états de conscience altérés favorise la résolution de divers problèmes. On compte parmi eux le stress post-traumatique, l’anxiété, la dépression ou encore les addictions. Des substances comme le LSD, la mescaline, la MDMA ou l’ayahuasca peuvent-elles alors servir une expérience thérapeutique et ainsi libérer des émotions associées à des traumatismes ?
De la recherche psychotique à la quête spirituelle
La MDMA, composant principal des pilules d’ecstasy, est une drogue psychoactive qui procure une sensation de bien-être intense et favorise la connexion avec les autres. Elle agit sur des substances chimiques comme la sérotonine, la dopamine et la noradrénalione. Ainsi, elle permet de réguler l’humeur, le plaisir et l’énergie. Créée en 1898 par le chimiste Allemand Anton Kôllisch, la MDMA est redécouverte en 1912 par les laboratoires Merck. Ces derniers l’utilisent d’abord comme coupe-faim. Dans les années 50, l’armée américaine s’y intéresse pour aider les vétérans du Vietnam. En 1965, le pharmacologue Alexander Shulgin commence à l’étudier. C’est dans les années 80 que l’ecstasy devient un véritable phénomène, notamment dans les soirées et la scène électronique.
Dans les années 50, les chercheurs et les psychanalystes utilisaient le LSD pour reproduire les symptômes psychotiques. Cependant, au fil du temps, il devient un outil permettant d’explorer des expériences spirituelles. En effet, il offre aux individus la possibilité de s’ouvrir et de baisser leurs défenses pour affronter leurs difficultés. Le LSD permet de passer d’une conscience étroite à un état de conscience élargi, favorisant un sentiment accru de découverte et d’émerveillement. Il conduit aussi à la prise de conscience de l’unité et de l’interconnexion de toutes choses. Ce changement de paradigme a profondément influencé la vie de nombreuses personnes, dont l’écrivain Aldous Huxley. Si le LSD active les récepteurs de sérotonine dans le cerveau, la MDMA déclenche sa sécrétion. Cette dernière réduit les mites de l’ego et la rigidité de l’esprit.
Cela permet alors de ressentir l’amour profondément, d’expérimenter le mystère et de révéler les secrets de la conscience. Parmi les pionniers de la thérapie psychédélique, on retrouve des figures éminentes telles que Shulgin, qui a formé 150 thérapeutes. Ou encore Zeff, qui qualifiait cette substance « d’Adam » car elle ramenait ses utilisateurs à un état d’innocence originelle.
Les psychédéliques comme moyens thérapeutiques
Aujourd’hui, l’organisation MAPS(.org) (Multidisciplinary Association for Psychedelic Studies) continue ses recherches aux Etats-Unis dans le but d’accompagner des personnes dans leur guérison et transformer leurs vies. Leurs thérapeutes étudient grâce à des volontaires sur les problèmes d’anxiété, les troubles du comportement alimentaire, le stress post-traumatique… L’organisation a obtenu des autorisations d’utilisation clinique pour la marijuana et organise des conférences informatives. Les essais avancent : six sont en phase 2 et deux en phase 3 ont été achevés, mais ils n’ont pas encore reçu l’approbation de la FDA (Food and Drug Administration). Cependant il est important de souligner que tout cela se déroule dans un contexte strictement thérapeutique. L’utilisation de ces substances demande un encadrement par un professionnel compétent.
En l’absence d’un professionnel, le consommateur ne fait alors que subir ce qui lui arrive, sans atteindre son objectif de guérison. Par manque d’assistance thérapeutique adéquate, il est possible de tomber dans un piège et voir sa condition s’aggraver. Cela peut d’ailleurs entraîner une déception menant à la dépression.
Atteindre la transe naturelle par l’hypnothérapie
L’hypnothérapie offre en revanche une transe naturelle très efficace et puissante souvent comparable, voire supérieure aux transes obtenues par les drogues, et dont les résultats thérapeutiques sont prouvés et sécurisés. L’hypnose déclenche la dimension la plus créative et essentielle de nous-même. En effet, elle consiste précisément à induire un état de conscience élargi. Et cela dans le but de répandre de l’amour sur les parties de soi en souffrance. Pour ce faire, elle retourne dans l’événement traumatique en lien direct avec les symptômes. Les effets sont rapides et immédiats grâce à des outils de programmation neuro-linguistiques utilisés dans un état de réceptivité intense.
L’intérêt de la transe hypnotique consiste à réussir un nettoyage des « engrammes » de souffrances liés au passé dans le corps émotionnel et re-configurer nos croyances. Tout comme l’on aime se laisser porter par la musique pour atteindre une transe, la voix d’un hypnotiseur est un support pour contourner le facteur critique du conscient. Elle entraîne le doute et le jugement, avec des pensées compulsives faisant barrage.
On aborde déjà ces phénomènes de transes au XVIIIème siècle par le médecin Franz Anton Mesmer. Les états de consciences sont étudiés par Charcot au XIVème pour expliquer les traumatismes qui amènent vers des dissociations de la conscience, entre inconscient et subconscient. Au XXème siècle, Milton Erickson, psychanalyste, utilise l’hypnose spécifiquement pour la psychothérapie. Il obtient des résultats si remarquables que l’hypnose est dès lors utilisée dans le milieu chirurgical. L’imagerie cérébrale montre que des zones différentes du cerveau sont activées et que les ondes cérébrales diffèrent passant de « Alpha » à « Theta ».
Notons tout de même que les scanners montrent un système d’action différent entre les deux approches substances et hypnose, sur le plan neuronal. Le premier est dépendant d’une substance, tandis que le deuxième active nos propres ressources. De plus, l’hypnose nécessite une extrême concentration et une acceptation du réel, tout en permettant d’accéder à des espaces de compréhensions supérieures et des expansions de conscience. Entre autres, l’hypnose de l’inter-vie, théorisée par Michaël Newton, ou encore la méditation pleine conscience. Elles permettent une meilleure connaissance de sa raison d’être, l’élimination de l’anxiété et la gestion du stress.
L’hypnose permet une reconnexion à soi-même, à l’univers, à la création, à la nature et aux autres êtres humains. Par exemple, une expérience consiste à revivre sa vie en tant qu’âme « essentielle » avant notre incarnation dans cette vie, d’en comprendre les éléments clés et les personnes importantes dans notre entourage. Par le biais de l’hypnose, le sujet atteint un état de « super conscience » dans lequel le client ou la cliente est en mesure de voir, entendre et ressentir tout ce que l’âme perçoit en état de Bardo : le moment entre deux vies.
Images d’illustration : Désignées par Freepik
Affiches : Collection Elalouf
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