Pour saboter le thermomètre hivernal, voici un incendie créatif déniché pour ceux qui refusent d’hiberner. Ici, le théâtre sue et la danse réchauffe les corps, de la Guyane aux Antilles. Entre les festivals “Vive la Magie“, “Faits d’hiver” et le “Printemps des Poètes“, les scènes s’embrasent tandis que le mapping vidéo investit le Musée d’Orsay et que l’on dissèque la conscience au Théâtre de la Concorde. Que vous cherchiez l’humour de Louis CK ou une performance radicale à l’Académie du Climat, ce programme de secousses vient bousculer vos certitudes pour réenchanter le quotidien.
Festival Vive la Magie – Tournée France (7 dates)– Du 15 janv. jusqu’au 8 mars
Oubliez les clichés poussiéreux du magicien de foire, Vive la Magie est une invitation à perdre pied pour mieux retrouver son centre. Ce festival itinérant, qui sillonne l’Hexagone jusqu’à son ultime escale à Lille début mars, s’impose comme le trait d’union parfait entre le spectacle vivant et l’illusion pure, transformant chaque scène en un canevas psychédélique. Porté par une programmation internationale où l’origami devient mutant et où le mentalisme frôle l’expérience extrasensorielle, l’événement poursuit un objectif précieux : suspendre le temps.
Ici, les artistes façonnent une magie organique et visuelle, privilégiant l’émotion à la technique brute. Entre ballets d’ombrelles nippones et décharges d’humour absurde, le festival s’inscrit dans une quête de beauté universelle, conçue comme un hymne à l’imaginaire. C’est une dérive sensorielle en douceur, une montée en dentelle où chaque manipulation nous rapproche un peu plus du grand Tout, pour simplement rendre les gens heureux avant que le rideau ne retombe. Lien vers la billetterie
Grand Théâtre de Provence – Aix-en-Provence – 16 et 17 janv.
Direction le Grand Théâtre de Provence pour un rituel arctique orchestré par la chorégraphe groenlandaise Pipaluk Supernova et Mathurin Bolze. Loin des ballets classiques, IMMAQAA est une oscillation magnétique entre cirque aérien et souffles inuit. Sur scène, les corps se frottent à l’invisible, cherchant l’équilibre dans un espace où le temps se dilate. Une traversée sensorielle qui sonde nos racines et l’écho des paysages disparus. Retrouvez ce poème visuel en tournée dans toute la France. Lien vers la Billetterie d’Aix-en-Provence
Festival Faits d’Hiver – Paris (18 lieux) – 19 janv. au 20 fev.
Les planches résonnent sous les pas des interprètes. Les voix circulent, s’arrêtent, reprennent. Les lumières dessinent les corps, les silences prennent place. Dans l’esprit des écritures de Pina Bausch ou de Maguy Marin, le festival traverse danse, théâtre et formes hybrides. Le public passe d’un lieu à l’autre, attentif aux gestes, aux respirations, aux ruptures. Faits d’Hiver propose un théâtre de présence, où l’expérience se construit dans la durée et l’écoute. Lien vers la billetterie
Spectacle de Danse “Derrière Vaval” – Théâtre Chaillot, Paris – 21 au 24 janv.
Plongez dans le brasier mystique de Thomas Lebrun. Avec Derrière Vaval, le plateau de Chaillot devient un autel carnavalesque où les spectres de Guyane et des Antilles entament une danse habitée. Entre le claquement des fouets et les incantations d’Emmelyne Octavie, les corps s’abandonnent à une mutation organique loin des standards prévisibles. Une immersion viscérale, parfaite pour décrasser vos neurones et goûter enfin à une liberté qui a du chien.
Festival du Cinéma Télérama & “Les Incontournables” d’UGC – Partout en France – 14 au 27 janv.
À peine 2025 enterrée, les retardataires s’offrent une session de rattrapage XXL. Pour le prix d’un café (4 € avec le pass Télérama ou 5 € chez UGC), les salles obscures rejouent les moments forts de l’an passé. Entre la fresque The Brutalist et la Palme d’Or de Cannes, le choix s’étend sur une sélection de films marquants, des comédies aux drames. On déambule d’un cinéma à l’autre pour squatter les fauteuils rouges, profiter d’avant-premières ou rencontrer des réalisateurs. C’est le moment idéal pour vider son stock de pop-corn sans se ruiner, entre séances certifiées par le public et pépites critiques.
Quelques secondes d’éternité – Musée d’Orsay, Paris – 24 et 25 janv.
La Nef explose sous des projections hallucinatoires où la science fusionne avec le sacré. Entre images mouvantes et sons qui vrillent, les sculptures d’Orsay semblent respirer, transformant l’ancienne gare en un trip collectif euphorique. Dans cette épopée sensorielle, le vivant s’affiche en cellules géantes sur la pierre, saturant nos yeux de lumière. C’est un rêve organique au cœur des architectures vibrantes, une dérive nécessaire pour perdre pied face à l’éternité. Plus d’informations
Louis C.K. – Ridiculous – Grand Rex, Paris – 26 et 27 janv.
Les projecteurs brûlent le plafond, la salle est suspendue au moindre mot. Louis C.K. crache des vérités crues, des éclats de rire déchirent le silence, les chuchotements se transforment en hystérie collective. Premier humoriste américain à remplir trois soirées au Madison Square Garden de New-York, son stand‑up se fait charge électrique, et vous vous demandez comment on a pu survivre à tant de lucidité comique. Lien vers la billetterie
Pling-Klang – Théâtre du Rond-Point, Paris – 27 janv. au 06 fév.
Embarquez pour un corps-à-corps absurde avec Pling-Klang, où le montage d’un meuble en kit devient un terrain de jeu surréaliste. Sur la piste, Mathieu Despoisse et Étienne Manceau transforment une situation banale en une partie de ping-pong circassienne, jonglant entre vis manquantes et virilité bousculée. Sous leurs airs de potes ordinaires, ces manipulateurs d’objets déconstruisent nos normes sociales à coups d’acrobaties verbales et gestuelles. C’est une dérive au cœur de la masculinité. Un voyage sans filet où l’on avance avec, “pour seule notice, la feuille de route de l’existence”. Plus d’informations
Dialogue de ce qui se passe – Théâtre Public de Montreuil – 28 janv. au 06 fév.
Pénétrez dans une faille temporelle orchestrée par Adrien Béal et Nicolas Doutey. Ici, six interprètes s’emparent d’un détail banal pour muer le quotidien en une épopée métaphysique sur le fil de l’instant. Cette pièce transforme la scène comme lieu du jeu, où l’on traque le souvenir d’une idée perdue avec une précision chirurgicale. C’est une collision magnétique avec le présent, un défi joyeux pour déjouer la tyrannie de l’urgence. Une invitation à repenser, ensemble, notre place et notre rapport à la chronologie dans le tumulte du monde actuel. Plus d’informations
Procès fictif de la Conscience – Théâtre de la Concorde, Paris – 29 janv.
Vivez une insurrection neuronale lors de ce procès fictif où la Conscience est traînée à la barre, accusée d’avoir cadenassé notre vision du monde dans des cadres trop rigides. Dans ce tribunal hybride, Descartes et Darwin croisent le fer avec un blob et des chercheurs du vivant pour une épopée métaphysique entre danse et philosophie. Vous, public-jury, devrez trancher : la conscience est-elle un tyran ou un lien ? Un laboratoire civique décalé pour dynamiter nos certitudes, débusquer les abus de pouvoir intimes et réouvrir enfin les vannes de l’imaginaire collectif. Plus d’informations
ThisIsPain – Théâtre de Colombes – 30 janv.
Oubliez le folklore pour touristes et les cartes postales sépia. Avec Thisispain, le chorégraphe Hillel Kogan et la danseuse Mijal Natan s’emparent du flamenco pour lui infliger un sabotage rythmique jubilatoire. Entre talons mitrailleurs et autodérision féroce, ce duo dynamite les clichés identitaires pour transformer la tradition en une épopée décalée et universelle. C’est une décharge d’humour corrosif, une insurrection chorégraphique prouvant que l’on peut frapper le sol avec une précision chirurgicale tout en se moquant éperdument du sacré. Une dérive nécessaire pour quiconque veut voir le flamenco sortir de sa cage et hurler sa liberté sous les projecteurs. Plus d’informations
Nature of a Fall – Théâtre des Abbesses, Paris – 04 au 07 fév.
Adi Boutrous déploie un langage chorégraphique singulier pour sonder les paradoxes de la dualité humaine. Sur scène, six interprètes incarnent ce passage délicat entre l’effondrement et la reconstruction, là où la chute devient le moteur d’une solidarité retrouvée. Le spectacle repose sur une scénographie sensorielle où la création sonore et les lumières sculptent le vide, plongeant le public dans une introspection profonde. C’est une quête de consolation par le geste, un moment suspendu qui transforme nos fragilités en une force collective pour affronter l’avenir avec lucidité.
After All – Théâtre de la Ville, Paris – 10 au 14 fév.
Solène Weinachter transforme la scène en un espace de transition pour explorer notre rapport à la finitude. Entre danse et théâtre, elle déconstruit les rituels du deuil avec une liberté de ton qui refuse le pathos. Ce solo devient une célébration de la vie, où chaque geste tente de nommer l’indicible à travers une physicalité débordante d’humanité. En mêlant humour et profondeur, le spectacle offre une communion émotionnelle rare pour apprivoiser nos propres fantômes. Une expérience authentique qui transforme la perte en une force vitale pour continuer à habiter le monde. Plus d’informations
Moya – l’Avant Seine, Colombes – 10 fév.
La compagnie sud-africaine Via Katlehong injecte une dose d’adrénaline pure sur le plateau avec une fusion détonante de pantsula, de tap dance et de gumboot. Dix danseurs et musiciens transforment la scène en un espace de résistance jubilatoire, où le rythme devient un langage de survie. Loin des cadres rigides, cette performance célèbre une vitalité collective née de la culture urbaine des townships. Entre percussions corporelles et énergie brute, le spectacle offre une communion électrique qui pulse au rythme de la rue. Une célébration du vivant pour réenchanter le bitume et le quotidien. Lien vers la billetterie
In Bocca al Lupo – Théâtre de Rond-Point, Paris – 11 au 21 fév.
Et si le voisin le plus fascinant n’était pas humain ? Le ShanjuLab nous embarque dans les forêts du Jura pour pister le retour du loup, cet inconnu qui redessine les contours de notre monde sauvage. Judith Zagury déploie une enquête immersive où sons et vidéos captent le souffle d’une coexistence fragile. Entre veilles nocturnes et présence canine, le plateau devient un laboratoire du lien humain-animal, loin des fables et au plus près du vivant. Une invitation à décaler notre regard pour enfin écouter cette altérité radicale qui s’installe à notre porte. Plus d’informations
Errance – Théâtre de l’Épée de Bois, Paris – 19 fév. au 01 mars
Où s’ancrer quand tout vacille ? Cette tragi-comédie nous projette en 2030, au cœur d’une société occidentale en quête de repères. Sur scène, les illusions virtuelles se heurtent à une angoisse climatique et sociale bien réelle. Entre récits intimes et tableaux oniriques, le spectacle dissèque nos dérives identitaires et l’urgence d’un changement de cap. Les artistes signent ici une autopsie du contemporain, mêlant l’absurde au politique pour interroger notre capacité à habiter demain. Une expérience brute qui transforme l’errance en un cri nécessaire face à un monde qui s’effrite. Plus d’informations
Le poids des fourmis – l’Avant Seine, Colombes – 19 fév.
Le plateau s’affranchit du réalisme pour devenir une arène visuelle où les codes du lycée volent en éclats. Dans une esthétique décalée, les objets et les lumières semblent répondre à la surchauffe mentale de lycéens en pleine révolte. Le spectateur est happé par une atmosphère électrique, où les couleurs et les sons amplifient la distorsion du jeu politique. Le spectacle propose une immersion dans le vertige adolescent, transformant une élection en un trip électrique et contestataire. Une approche plastique audacieuse pour illustrer le chaos créatif d’une jeunesse qui refuse de rester invisible. Lien vers la billetterie
Psychédélique [qui révèle l’âme] – Théâtre de la Concorde – 20 et 21 fév.
Une conférence qui bascule dans une expérience sensorielle pour explorer les confins de la conscience. Mathilde Ramadier et Antoine Mermet distillent une histoire des substances sacrées, loin des clichés, en mêlant philosophie et nappes sonores hypnotiques. Le plateau devient un espace de distorsion perceptive, où la parole et la musique s’entrelacent pour déverrouiller nos imaginaires bridés. Cette immersion refuse le récit linéaire pour célébrer une reconnexion aux mondes invisibles, transformant le savoir en un voyage acide et lucide. Une traversée qui invite à repenser notre rapport au réel et à la liberté intérieure. Plus d’informations
Happening Under Vesuvio – Académie du Climat, Paris – 21 fév.
Les machines grondent, les corps s’activent. Sous les voûtes, une éruption rituelle se prépare. Les sons électroniques circulent en direct, les installations mutantes prennent place. Dans le sillage des performances radicales de Kulturscio’k, cette soirée sonde notre rapport à la Terre et aux technologies. Le public observe ces compositions live, attentif aux tensions, aux souffles, aux éclats. Happening Under Vesuvio déploie une expérience brute, où l’imprévisible se construit dans l’urgence et la vibration du chaos. Plus d’informations
Printemps des Poètes – Bibliothèque de l’Arsenal, Paris – 09 au 31 mars
À l’Arsenal, les mots s’échappent des rayonnages pour devenir une matière organique. Sous l’impulsion du thème « Liberté », la poésie s’incarne à travers des lectures et des performances où le souffle prend le pas sur le papier. Les voix circulent, s’élèvent ou se murmurent, s’inscrivant dans une tradition vivante attentive aux secousses du monde. Ce rendez-vous quitte le livre pour investir l’espace, attentif aux tensions du monde contemporain. Une invitation à éprouver la langue comme une force brute, capable de fissurer le silence des bibliothèques. Plus d’informations
Procès pélicot, un oratorio – Théâtre de la concorde – 5 mars
À l’approche du 8 mars, alors que résonnent les combats pour les droits des femmes, le Théâtre de la Concorde s’empare de l’affaire qui a brisé le silence sur le système patriarcal. Procès Pelicot, un oratorio n’est pas une fiction, mais une soirée de lectures poignantes reconstruisant les interrogatoires et les plaidoyers de ce séisme judiciaire. Dès lors, le plateau devient une caisse de résonance où s’entrechoquent plaidoyers, rapports d’experts et témoignages féministes sans filtre. Le public quitte son siège de spectateur pour devenir témoin d’une structure de domination mise à nu sous les projecteurs. C’est ainsi qu’au-delà du simple fait divers, ce rendez-vous autopsie en direct la culture du viol et les racines de notre société. Plus d’informations
Festival de la Cinémathèque – 11 au 15 mars 2026- 13e édition
La cinémathèque rend hommage à deux grandes figures du cinéma américain, de la fin du XXème siècle, pour sa seizième édition! Debra Winger et John Badham sont ainsi à retrouver à l’écran, avec des longs-métrages iconiques tels que La fièvre du samedi soir, Tendres Passions ou encore WarGames. Le festival de mi-mars est aussi une occasion de (re)voir des classiques en grand écran: Scorsese, les frères Coen, Tarantino ou encore Rossellini, Truffaut et même le cinéma japonais sont donc à l’affiche ! Le tout pour 7 euros plein tarif, 4 euros pour les tarifs spéciaux. Plus d’excuse pour ne pas aller se cultiver !
Foutue Bergerie – Théâtre du Rond Point – 11 au 22 mars
Cette nouvelle fable de Pierre Guillois installe son chaos à la lisière de la ville, dans une ferme où les moutons philosophent autant que les humains déraillent. Le récit entremêle une famille d’agriculteurs endeuillés, un stagiaire naïf et une journaliste prête à tout pour faire tomber un géant de l’agrochimie. Menée par la démesure de Cristiana Reali, la troupe donne vie à une galerie de personnages paumés et à des brebis qui en ont gros sur le cœur. Entre humour grinçant et drame rural, ce spectacle explore les soubresauts du monde paysan avec une énergie cocasse qui ne recule devant rien.
Sauvez vos projets – Maison des Metallos – 17 au 28 mars
Dans une performance entre spectacle et conférence, Antoine Defoort nous parle avec légèreté et humour de ce qu’il a compris du monde du design et de la création, en nous donnant des conseils pratiques pour ne pas se sentir coincé, et en rappelant que ce processus de création concerne tout le monde, de différentes façons.
J’étais partie, pardon (dans un autre univers) – Maison Métallos – 18 au 21 mars
Cette comédie de science-fiction démarre par un bug de la réalité : une classe entière de CM2 s’évapore en pleine répétition d’une pièce sur les mondes parallèles. Entre télécommandes inter-universelles et poésie pop, le récit nous propulse dans une enquête survoltée où des enfants, une directrice d’école et une multinationale avide de profit se croisent dans des dimensions alternatives. Le plateau devient un terrain de jeu pour interroger notre capacité à changer de monde, notre monde, avec une autodérision constante.








